Retraites : pourquoi la réforme va peser sur les salaires

Le recul de l'âge légal pourrait alourdir le coût des mutuelles et de la prévoyance des salariés, ainsi que leur impôt sur le revenu.

Voici la reproduction d'un article rédigé par la rédaction de ideal-investisseur.fr au sein duquel Millet et Associés (anciennement Komon Courtage) est cité. L'original est consultable en cliquant ici (Cliquez ici)

Le recul de l'âge légal pourrait alourdir le coût des mutuelles et de la prévoyance des salariés, ainsi que leur impôt sur le revenu.

Une inflation des dépenses médicales, répercutée sur les cotisations

Reculer l'âge légal de départ en retraite de 62 à 64 ans va avoir des conséquences inattendues pour les salariés. À ce stade, l'alourdissement de leurs charges reste difficile à anticiper avec précision, mais une chose est certaine : les dépenses de santé en cours d'activité professionnelle vont augmenter et seront répercutées sur les cotisations des mutuelles et des contrats prévoyance.

Selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques du ministère de la santé (DREES), les dépenses de santé augmentent de 16% en moyenne entre 61 et 65 ans. Avec le report de l'âge légal de la retraite, elles seront donc plus longtemps financées par les complémentaires santé collectives portées par les salariés.

« Les assureurs considèrent que dans 5 ans, lorsque la réforme sera pleinement appliquée, l'âge moyen de la population active aura augmenté d'un an », explique Wilfrid Millet, cofondateur du cabinet de Komon Courtage et docteur en droit de la protection sociale. « Ce vieillissement va provoquer un renchérissement des mutuelles pour les salariés, globalement plus exposés aux dépenses de santé à mesure que la population active vieillit. La sécurité sociale va rembourser plus, et mécaniquement les assureurs vont compléter plus ».

Or, lorsque les prestations augmentent, le surcoût est reporté sur l'ensemble des cotisants. Les salariés, qui financent en moyenne 40% du paiement des complémentaires santé selon une étude de Deloitte, pourraient donc voir leurs paiements augmenter dans les années qui viennent.

Les employeurs ont l'obligation de proposer une complémentaire santé à leurs salariés depuis 2016. Le contrat de prévoyance est obligatoire lorsque la convention collective ou l'accord de branche l'impose, ainsi que pour les cadres quelle que soit la situation. Pour ces deux types d'assurances complémentaires, les cotisations peuvent être intégralement prises en charge par l'entreprise ou partagées avec les salariés.

Une augmentation des arrêts de travail financés par les prévoyances

Le son de cloche est identique du côté des contrats prévoyance, qui couvrent les risques de décès, d'incapacité temporaire et d'invalidité pouvant entraver l'exercice d'une activité professionnelle.

Sur le plan statistique, la probabilité d'être en arrêt de travail augmente de façon exponentielle avec l'âge. Le nombre de salariés indemnisés par une prévoyance va donc être plus important après la réforme.

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